Amine Sebti sur l’entrepreneuriat : Coup de gueule

Aujourd’hui je publie avec grand plaisir un coup de gueule de mon ami (et Ceeder) Amine Sebti, entre-autres fondateur de Commentis et Santév. J’avoue qu’avec Amine je partage beaucoup de valeurs positives quant à la dynamique entrepreneuriale au Maroc, d’où ma demande faite auprès de lui pour publier ses reflexions sur mon blog.

Tout a commencé avec son post sur son profil facebook vis-à-vis à une conférence sur l’entrepreneuriat.

Coup de gueule : Another useless conference about innovation and entrepreneurship!
How can you talk about entrepreneurship and Innovation when you only have 5 entrepreneurs out of 30 speakers?
What do these 25 people know about entreprenership beside what they have read in books!
La start-up competition devient plus un show pour animer la galerie qu’autre chose.
And of course, to perpetuate the French tradition of exclusivity and elitism: Inscription réservée pour les polytechniciens…

Et le revoilà qui nous donne ses explications :

Amine sebti

En tant qu’entrepreneur dans le monde de la scène Tech start-up Marocaine, j’ai été agréablement surpris de voir que le pays commençait à s’intéresser à ce nouveau choix de carrière effectue par plusieurs jeunes (et moins jeunes comme moi). Cet intérêt a été mis en évidence par l’organisation du GES à Marrakech en Novembre.

Cependant, ce sentiment à rapidement été remplacé par de la frustration en constatant que l’entrepreunariat et l’innovation ne sont pas réellement dans l’agenda de nos leaders.

Les entrepreneurs ne sont place au centre des débats et des conférences sur ces sujets. Les entrepreneurs sont au meilleur des cas invités à écouter, mais très souvent oubliés.

Pire encore, je trouve qu’il y a une réelle déconnexion entre les grandes entreprises marocaines et les startups.

Quelques propositions :

Au sein du Ministère des Nouvelles Technologies :

Créer une cellule responsable des « startups » Marocaines. Une expérience similaire à été entreprise par le gouvernement Francais en 2013: La French Tech.

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette initiative est une réussite. Les startups françaises cartonnent!

Au sein des grandes entreprises :

Suivre le leadership de l’OCP et avoir un pôle Entreprenariat dont l’objectif est d' »aider » les entreprises innovantes évoluant dans leurs mêmes secteurs d’activité à se développer.

Au sein des banques :

Comprendre qu’une start-up n’est pas une PME ou TPE. Ses besoins sont différents et donc créer des produits de finanement adaptés à ce type d’entreprises…sinon, mieux vaut arrêter ce discours de façade.

Rapprochement entre Cadres et Entrepreneurs :

Il y a des institutions qui font un travail fantastique pour les entreprises. Pour en nommer quelques unes: NWL, CEED, Réseau Maroc Entreprendre…

Je vous invite à participer aux évènements qu’ils organisent. Votre présence voudra donc dire que vous êtes réellement intéressés à développer le secteur. Sinon, ça veut dire que votre présence durant les conférences et débats n’est pas du à votre intérêt sur le sujet mais plutôt à servir d’autres intérêts.

Si vous ne venez pas, nous viendrons chez vous :

Invitez régulièrement un groupe de startups dans vos locaux. On envahira vos cafétérias. On pourra vous parler de nos boîtes durant vos pause-déjeuner. J’invite même le Royal Golf d’Anfa et la RAM (dans son Business Lounge) d’en faire de même.

Nous en tant qu’entrepreneurs :

En se focalisant exclusivement sur notre day-to-day business, on en a oublié un élément essentiel : créer un groupement qui nous rassemblerait et nous permettrait d’avoir une voix commune.

L’objectif est de trouver la bonne balance entre former un groupe et rester « libre ».