Des pistes de réflexion pour le développement de la petite entreprise au Maroc (spécialement la startup)

Ayant eu un contact de longue date avec le milieu de l’entreprise (J’ai démarré mes premières activités avant l’année 2000, et mon entreprise actuelle spécialisée en hébergement web créée en 2006 a 10 ans d’existence), ayant également touché de près plusieurs outils d’accompagnement et de financement, de façon directe ou à travers des associations professionnelles, je me permets de citer quelques pistes de réflexion, élaborées à travers des discussions ponctuelles ou répétées à des événements publiques, autour des freins au développement des petites (et moyennes) entreprises.

 entreprendre

Plusieurs problématiques freinent le développement de la petite ou la jeune entreprise marocaine, et spécialement la startup innovante, liées essentiellement à l’accompagnement, le financement et l’accès au marchés publiques ; Parmi ces problématiques, l’inadéquation des programmes en place avec la réalité du terrain, la faible attractivité de ces programmes pour les jeunes porteurs de projets, ou la communication absente entre les différents organes qui constituent le tissu d’accompagnement ou ce qu’on aime appeler « écosystème ». L’implication de l’état dans la gestion des fonds de soutien ou d’investissement en tant que donateur et gestionnaire a posé défaut à plusieurs reprises, le même constat se pose au niveau des incubateurs instaurés au sein des universités, où le gestionnaire est généralement un fonctionnaire, avec un état d’esprit en décalage avec la réalité de l’entreprise.

Les modèles de ces solutions proposées existent déjà dans d’autres pays, se basant essentiellement sur une confiance instaurée entre l’écosystème privé et l’état, où chacun joue un rôle bien défini dans le temps et dans les attributions ; Au Maroc malheureusement, le constat est que chaque partie patauge dans son côté, une lourdeur administrative s’ajoute à la mauvaise gestion et des ouvertures ponctuelles vers l’écosystème privé ne donnent naissance qu’à des actions qui ne durent pas dans le temps.

Commençons par le commencement :

Recherche & Développement

  • Créer une taxe spéciale ou prévoir une exonération pour les entreprises sur les dépenses liées à la recherche.
  • Au sein des universités, mise en place de programmes de recherches (doctorats, PFE…) en incubation chez les startups innovantes.
  • Libération de la propriété intellectuelle au profit des doctorants et PFEistes si ce dernier est incubé ou pris en charge par la stratup (Quid au renforcement des prérogatives et outils du Soft Centre déjà en place).
  • Subvention ou aide au financement de l’enregistrement de brevets à l’international.

Incubation

  • Créer des accélérateurs type au sein des universités, en créant des partenariats Université-entreprise, ou Université-Écosystème, où la gestion devra être déléguée et mise entre les mains du privé. Leur objectif ne sera pas de créer des entreprises dans le tas, ou d’accompagner des entreprises existantes, mais de permettre aux étudiants de suivre un programme de pré-accélération en parallèle avec leur cursus académique, qui aboutira à l’éventuelle création de l’entreprise par la suite.
  • Créer un fond d’aide aux accélérateurs-incubateurs, à travers des subventions octroyées de façon répétitive, avec la création d’une structure d’accompagnement et d’observation/évaluation.
  • Favoriser l’action régionale à travers une distribution adéquate par secteur et par région, qui réponds aux spécifiés et besoins régionaux.

Amorcer en Finançant autrement

  • Financer l’exportation à travers la subvention des déplacements à l’étranger au lieu de juste octroyer une réduction (amélioration possible des programmes de Maroc export) au profit des entrepreneurs pour les meetings d’affaires (forums, salons, one-to-one…) et les délégations groupées de prospection.
  • Octroi de financement d’amorçage sous forme de « subvension » ou de « crédit à 0 % » en partenariat avec les structures et acteurs existants de l’écosystème, qui auront pour rôle la validation et la labellisation des projets, exemple : le Maroc Numeric Cluster ou la CGEM, où l’état devra jouer le rôle de « Donateur » et non pas de gestionnaire, toujours avec une structure d’accompagnement et d’observation/évaluation.
  • Mettre en place une garantie plafonnée dans le temps et les montants octroyés spécialement pour les startups, afin de leur faciliter la bancarisation.

Marchés publics

  • Réserver les marchés aux montants les plus petits aux petites (et moyennes) entreprises. A travers le choix d’échelons, exemple : les marchés de moins de 3 Millions de Dhs exclusivement aux PME.
  • Revoir à la hausse les 20 % de part des marchés publics réservées aux PME, vers 30 % ou 40 %, en améliorant les conditions d’accès aux entreprises nouvellement créées, à travers le parrainage ou la consultation directe des entreprises locales pour les bons de commande à montants faibles ou moyens.
  • Améliorer les conditions de paiement au sein des administrations publiques en les rendant plus souples et plus rapides.
    Pour les grandes entreprises, réserver un autre quota à des marchés publics conditionnés par l’intégration des startups (en tant que sous-traitants) dans les appels d’offres.

Autres axes

  • Créer une agence forte et multi-disciplinaire (style SBA au états unis) ou renforcer celle existante « Maroc PME » par des programmes spéciaux pour les startups afin d’assister et protéger les intérêts des startups innovantes.
  • Privilégier la gestion déléguée des programmes d’accompagnement au sein des CRI et délégation de l’industrie à travers Maroc PME au profit d’organismes privées locaux.
  • Faciliter l’accès à l’information à travers un centre d’information et de réponses aux différentes questions relatives au financement, questions légales et administratives.

Ce sont la, quelques pistes que nous pouvons tous enrichir, ou mettre en évidence à travers des actions locales, ou juste laisse à disposition de celui qui pourra les prendre en charge et les concrétiser. N’hésitez surtout pas à commenter cet article en y ajoutant de votre sauce.

A bon entendeur.