Les enjeux du web marocain … Le débat continue !

Mon ami Ayoub Fakir, est un jeune passionné par le web et les nouvelles technologies, actuellement étudiant à l’école Supérieure d’Ingénierie en Sciences Appliquées (ESISA), et contributeur actif au développement du site kezakoo.com qui sera lancé bientôt; En lisant l’article de The Nexties et ma réponse, il a voulu intervenir et ajouter ses réflexions au sujet de la situation du web et du digital au Maroc, je le remercie d’avoir choisi mon blog pour y loger son texte, et c’est avec un grand plaisir que je vous livre son article.

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Dans le but d’enrichir le débat commencé par Mehdi Reghai dans l’excellent magazine «the Nexties» et continué par Driss Lebbat dans son propre blog, j’écris un article à mon tour, et je remercie M. Driss Lebbat pour m’avoir donné cette occasion de publier cet article dans son blog.

Je parlerai ici de quatre points que je juge importants :

Les startups

Bon nombre de startups sont nées autour d’un café, d’une simple idée ou d’un «Hé mec ! On le fait ?», et aboutissent, mais, à quel prix ? Les plus grandes startups marocaines comme stagiaires.ma ou LaCartePlz.ma – pour ne citer qu’elles, ont réussi aux côtés du grand public mais ça s’arrête là, un manque crucial d’aides et de financements se ressent.

Si la communauté web marocaine encourage ces startups, la société marocaine elle, a encore du mal à accepter cette idée, car je me rappelle avoir parlé de Kezakoo.com (un site éducatif de e-learning dont je fais partie) à un député qui m’avait répondu : «Quoi ? Se faire de l’argent par internet ? Des cours en vidéos ? Non, il faut rester classique, mon fils !». Cette réponse était pour moi une source de larmes intérieures, car, si la société nous coupe les ailes bien avant de pouvoir voler, à quoi bon ? Mais heureusement que la communauté web est là, et que des initiatives comme «Intikal» ou «Tatwir» aident à un avancement, quoi qu’insuffisant.

Les écoles d’informatique au Maroc

La technologie fait maintenant partie de nos vies, chose qui pousse beaucoup d’élèves et étudiants marocains à vouloir étudier de «l’informatique», mais de quelle qualité sont les cours proposés par ces grandes écoles, qu’elles soient publiques ou privées ?

Ces cours sont généralement périmés, pour ma deuxième année en école d’ingénieurs, je devais suivre un cours de VB6 … Mais combien de sociétés aujourd’hui continuent à utiliser ce truc … ? Zééééééroooooo !

Les cours dans les grandes écoles d’ingénieurs sont les mêmes (ou presque) chaque année, tout en sachant qu’il y a des nouvelles technologies qui sortent chaque jour et les langages existants sont mis à jour perpétuellement, ce qui fait qu’au final, ces mêmes écoles «pondent» des étudiants dépassés, pouvant rarement (pour ceux intéressés par le domaine et qui s’auto-forment) répondre aux besoins des entreprises.

Les sites Web

«Je suis un AS du HTML, je vais faire ma société de création de sites et me faire plein d’argent !».

Et oui, beaucoup de petites «entreprises» ou même moyennes aujourd’hui prétendent pouvoir faire de bons sites internet, et donnent au final des résultats dépourvus de qualité, pour des clients qui, pour la plupart, ne savent pas ce qu’est un bon site internet, je vous laisse d’ailleurs admirer … www.indexdesign.ma/faslaelec, et il y a malheureusement pire.

La qualité des sites web marocains chute, quoi qu’il y ait bien entendu, des sites excellents, car le Maroc aujourd’hui regorge de talents et développeurs de sites / applications web, front-end ou back-end, et c’est ces talents là qu’il faut encourager et à qui les aides au financement et à l’avancement doivent être les plus prioritaires.

Tu n’habites par Rabat ou Casablanca ? Tu restes chez toi ! Tu n’as pas droit aux événements !

Et oui, nous les habitants des villes comme Meknès, El-Jadida ou Fès, nous avons droit à un événement «once a decade», et encore, il faut avoir de la chance.

Il faut faire en sorte que tout le Maroc puisse bénéficier d’événements IT, car dans toutes ses villes, il y a beaucoup de talents : designers, développeurs et jeunes entrepreneurs. Des initiatives comme le «VendredIT» doivent se multiplier, et tout ceci est afin que la créativité des jeunes fasse florès.

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