La logique Cloud et SaaS pour la PME marocaine

L’évolution rapide d’une technologie peut emmener les utilisateurs et une partie des spécialistes vers une grande confusion entre les besoins des utilisateurs, les opportunités fonctionnelles offertes et les usages qui en découlent. La quantité considérable d’informations relatives au Cloud disponibles actuellement sur le web et les différents supports offline, ne font qu’accroître cette confusion !

Au Maroc comme ailleurs, le Cloud est toujours à la mode, mais derrière une couche marketing épaisse se cache une approche technologique susceptible d’impacter de manière profonde et durable le métier des professionnels de l’informatique et du web. La question paraît complexe tant qu’il existe un large choix de services et de logiques différentes : externalisation complète ou partielle vers « le nuage », mise en œuvre de Cloud privé ou partagé, adaptation d’applications Desktop en web applications… Ce « Cloud » est perçu par certains comme une appellation en vogue, de services déjà existant sur le marché depuis plusieurs années.

Que gagnerait la PME ?

Un dirigeant de PME peut ne pas se soucier en premier lieu de la technologie utilisée dans la plateforme d’hébergement de son site web ou le concept ayant servi à créer son logiciel fétiche de gestion, il se préoccupe surtout des fonctionnalités offertes, leur coût et leur disponibilité ! Grâce au Cloud et surtout au SaaS, la PME marocaine gagne en mobilité, en haute disponibilité des informations, mais surtout, en coût d’utilisation très modéré.

Plusieurs solutions sont offertes à la PME marocaine aujourd’hui, nous citerons la mise en place de serveurs Cloud privés, l’hébergement de sites web à haute disponibilité qui commence à apparaître chez les prestataires marocains, mais aussi, des solutions métier touchant le quotidien du manager comme « AutoJahiz » pour les agences de location de voitures, « Ajiel » pour la paie et RH, « BP212 » en solutions de gestion ou « Greendizer » pour la gestion de facturation.

L’hébergement web et le Cloud

L’externalisation des données informatiques (partage de fichiers, sites web, applications métier) vers « le nuage » passe éventuellement par un hébergeur web, le choix d’un prestataire de confiance est influencé en grande partie par la qualité de son infrastructure et de son support client. Outre la haute disponibilité des serveurs web, la technologie Cloud couplée à l’offre abondante d’espaces de stockage permet aux hébergeurs web d’offrir plus d’espace à moindre coût, mais aussi, d’enrichir la palette des services offerts. La mode n’est plus aux serveurs privés virtuels ou autres serveurs dédiés, mais plutôt aux serveurs Cloud que le client peut ajuster On demand.

Le SaaS comme modèle économique

Avec les multitudes solutions web qui voient le jour sous le modèle SaaS, les entreprises marocaines se passeront de l’acquisition ou le développement coûteux d’applications web et Desktop, pour passer à des applications web dont les ressources sont partagées, exemple fait par les applications citées plus en avant, qui permettront au manager de la PME d’avoir accès aux fonctions dont il a besoin, quelque soit l’endroit où il se trouve, ou le terminal qu’il utilise, sous réserve de disposer d’une connexion au réseau Internet.

Le SaaS est d’ailleurs plus à prendre comme un modèle économique qui consiste à payer l’utilisation et non le développement du service demandé. Ce modèle d’applications est l’aboutissement même de la technologie Cloud où l’on dépasse la seule vision des solutions techniques, afin d’arriver à une « Logique Cloud » où l’utilisateur fait confiance totale à l’espace virtuel.

How Cloud are we?

Malgré le fait que les applications SaaS soient apparues depuis plusieurs années, cette logique Cloud n’est qu’à ses débuts chez la PME marocaine, cette logique qui rassemble un aspect technique et un autre économique peine encore à gagner la confiance des utilisateurs finaux à cause d’un vecteur essentiel qui est le respect des valeurs éthiques. Le Maroc a répondu à cette crainte avec l’adoption en 2009 de la loi 09-08 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel, mais aussi, avec le label eThiq@ qui instaure un climat de confiance vis-à-vis des fournisseurs de services web de manière générale.

Les bases de données clients ou les documents professionnels sont des éléments sensibles chez chaque entreprise ; De ce fait, ces informations ne seront pas mises n’importe où ! La confiance constitue le seul moyen de travailler efficacement dans un environnement numérique.

Alors ? Cloud ou pas Cloud ?

(Article que j’avais rédigé et publié sur le magazine Technomag le 15/05/2012)